Arrêt de travail, invalidité, décès
Prévoyance médecin : le trou des 90 jours
Le régime invalidité-décès de la CARMF ne verse ses indemnités journalières qu’à partir du 91e jour d’arrêt, et de manière forfaitaire. Les trois premiers mois sont à votre charge, tout comme l’invalidité partielle. La prévoyance complémentaire comble ce trou et maintient vos revenus.
Un courtier spécialisé santé calibre votre franchise et votre revenu garanti
- sans indemnité CARMF
- 90 jours
- l’IJ ne suit pas vos revenus
- Forfaitaire
- cotisations déductibles
- Madelin
Ce que couvre — et ne couvre pas — la CARMF
La Caisse autonome de retraite des médecins de France gère votre retraite et un régime invalidité-décès obligatoire. Ce régime existe, mais il commence tard et s’arrête vite.
- Indemnités journalières
- Versées seulement à partir du 91e jour d’arrêt de travail continu, et jusqu’au 3e anniversaire de l’arrêt.
- Montant
- Forfaitaire, sans lien avec vos honoraires réels — un médecin à fort revenu perd bien plus qu’il ne reçoit.
- Invalidité
- La rente n’est ouverte qu’en cas d’incapacité d’exercice totale et définitive. L’invalidité partielle n’ouvre pas droit.
- Décès
- Capital et rentes conjoint / éducation existent, mais restent calibrés sur un forfait, pas sur votre train de vie.
Les 3 premiers mois sont à votre charge
Un arrêt de 6 semaines — une intervention, un accident, un burn-out — ne déclenche aucune indemnité de la CARMF. Vos charges de cabinet, elles, continuent : loyer, secrétariat, crédit matériel, cotisations. C’est le scénario le plus fréquent, et le moins couvert.
Le second angle mort est l’invalidité partielle. Un médecin qui ne peut plus opérer, plus faire d’échographie ou plus assurer ses gardes, mais qui peut encore consulter, n’est pas en incapacité totale et définitive. La CARMF ne verse rien, alors que son revenu peut avoir chuté de moitié.
Ce qu’apporte une prévoyance complémentaire
- Indemnités journalières dès le 15e, le 30e ou le 90e jour selon la franchise choisie
- Maintien de revenu calculé sur vos honoraires réels, pas sur un forfait
- Prise en charge des frais généraux du cabinet pendant l’arrêt
- Rente d’invalidité partielle, dès un taux d’incapacité de 33 %
- Capital décès et rentes conjoint / éducation au niveau de vos charges familiales
- Garantie spécifique aux affections psychiques et dorsales (à vérifier)
- Les affections psychiques et dorsales, souvent exclues ou limitées
- Les pathologies antérieures déclarées au questionnaire de santé
- Les sports à risque et l’aviation de loisir non déclarés
- Les arrêts inférieurs à la franchise choisie
- La cessation d’activité pour convenance personnelle
Distincte des indemnités journalières, elle rembourse les charges fixes du cabinet — loyer, salaire du secrétariat, crédits, assurances — pendant votre arrêt. Sans elle, vos IJ servent d’abord à payer le cabinet avant de faire vivre votre foyer.
Choisir sa franchise : le vrai curseur du tarif
La franchise est le nombre de jours d’arrêt avant le premier versement. Elle fait varier la prime dans de très larges proportions.
| Franchise | Ce qu’elle implique | Effet sur la prime |
|---|---|---|
| 15 jours | Couvre presque tous les arrêts, y compris les courts | La plus chère |
| 30 jours | Bon compromis pour un médecin sans trésorerie de réserve | Élevée |
| 60 jours | Suppose de tenir deux mois sur ses réserves | Modérée |
| 90 jours | Ne fait que prendre le relais de la CARMF, sans combler le trou | La moins chère |
Une franchise de 90 jours prend le relais de la CARMF au lieu de la compléter : c’est rarement le bon choix.
Le réflexe qui coûte cher est de choisir une franchise de 90 jours parce qu’elle est la moins chère. Elle laisse intact le trou que la prévoyance est justement censée combler. Une franchise de 30 jours est le standard pour un médecin libéral installé, une franchise de 15 jours se justifie quand les charges fixes du cabinet sont lourdes.
Des cotisations déductibles en loi Madelin
Exerçant en BNC, vous pouvez déduire vos cotisations de prévoyance de votre revenu professionnel imposable dans le cadre de la loi Madelin (art. 154 bis du Code général des impôts), dans la limite d’un plafond calculé sur votre bénéfice et le plafond annuel de la sécurité sociale. Compte tenu du taux marginal d’imposition d’un médecin, une part significative du coût réel est absorbée par l’économie d’impôt.
- Qui peut déduire
- Les médecins imposés au réel en BNC, ou en société soumise à l’IS pour la part de rémunération du gérant TNS.
- Contrepartie
- Les prestations perçues sont imposables comme des revenus de remplacement.
- À vérifier
- Le contrat doit être expressément « Madelin » pour ouvrir droit à la déduction.
- Souscrire tôt
- La prime dépend de l’âge et de l’état de santé à la souscription — elle ne baissera plus ensuite.
Une omission découverte au moment du sinistre peut entraîner la nullité du contrat. Déclarez vos antécédents : au pire, l’assureur pose une exclusion ou une surprime — au moins vous savez ce qui est couvert.
Questions fréquentes sur la prévoyance du médecin
À partir de quand la CARMF verse-t-elle des indemnités journalières ?
La prévoyance est-elle obligatoire pour un médecin ?
Quelle franchise choisir ?
L’invalidité partielle est-elle couverte par la CARMF ?
Combien coûte une prévoyance de médecin ?
Les cotisations sont-elles déductibles ?
Pour aller plus loin
Comblez le trou de garantie de la CARMF
Indemnités journalières dès le 15e jour, invalidité partielle et frais généraux du cabinet.